Le 06/10/2009 : Des traces de dinosaures découvertes dans l'Ain.

D'une taille montrueuse, jamais vue en Europe, ces empreintes ont été repérées dans le massif du Jura, terre de dinosaures.

Une découverte « colossale» selon les deux paléontologues qui travaillent sur le site. De multiples traces de dinosaures ont été repérées sur la commune de Plagne, dans l'Ain. Entre Oyonnax et Bellegarde-sur-Valserine, ce lieu a incontestablement été fréquenté par de nombreux sauropodes avant de devenir le paradis des marcheurs, à une heure de Lyon.

La qualité des traces, leur taille, la longueur des pistes sur lesquelles on peut suivre le déplacement de ces animaux impressionnants feraient du site le plus important d'Europe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Succession d'empreintes de dinosaure sur le site paléontologique de Plagne (Ain), découvert le 5 avril 2009 par Marie-Hélène Marcaud et Patrice Landry. Sur ce site ont été mises au jour des empreintes de très grande taille, de 1,20 m à 1,50 m de diamètre au total, laissées par des dinosaures sauropodes (grands dinosaures au long cou). Cela correspond à des animaux gigantesques dépassant 30 tonnes et ce sont parmi les plus grosses empreintes de dinosaures connues au monde.

© CNRS Photothèque/Hubert RAGUET

De gauche à droite : Marie-Hélène Marcaud et Patrice Landry, les découvreurs des empreintes, et Pierre Hantzpergue (Université Lyon 1) et Jean-Michel Mazin (CNRS lyon) devant une empreinte de dinosaure sauropode sur le site paléontologique de Plagne (Ain), découvert le 5 avril 2009.

© CNRS Photothèque/Hubert RAGUET

Marie-Hélène Marcaud et Patrice Landry à côté d'une empreinte de dinosaure sur le site paléontologique de Plagne.
 

Tout commence au printemps lorsque Patrice et Marie-Hélène Marcaux, membres de la Société naturaliste d'Oyonnax repèrent des empreintes. Quelques jours plus tard, deux paléontologues lyonnais, Jean-Michel Mazin et Pierre Hantzpergue, respectivement rattachés au Cnrs et à l'Université Lyon 1 se rendent sur place et confirment la nature de la découverte : il s'agit bien là de pas de sauropodes, à savoir les dinosaures classiques et gentils. Ces grands herbivores à longs cous et longues queues cousins des diplodocus. Depuis, les sondages réalisés cet été présagent des chemins marqués sur plusieurs dizaines de mètres, voire quelques centaines... Ce qui donne à la découverte une ampleur exceptionnelle.

Devant l'enjeu, le Centre national de la recherche scientifique a mis en place un plan de communication très strict. Le site a été gardé secret jusqu'à hier, où quelques privilégiés ont pu s'y rendre, dont l'une de nos journalistes. Le 8 octobre, une armada de médias nationaux s'est invitée sur place.

Le site de Plagne n'est pas le premier à être découvert dans le massif du Jura. A la fin des années quatre-vingt, Christian Meyer, directeur du muséum d'histoire naturelle de Bâle mettait à jour des empreintes côté Suisse. Celles-ci venaient contredire la thèse selon laquelle la région avait toujours été recouverte par l'océan. En 2004, un membre de la Société naturaliste d'Oyonnax découvrait de nouvelles traces côté français aux abords du petit village de Coisia, au sud du Jura, au bord de l'Ain. En 2006 , une autre piste était mise à jour à Loulle, à quelques encablures de Champagnole. Plagne renforce l'image du massif d'un Jura bien différent de celui que nous connaissons... Il y a 150 millions d'années, il y avait là des plages et des lagunes. Au bord d'une mer peu profonde, des troupeaux circulaient. Ils nous ont légué leurs traces dans la boue.

Séchées au soleil, puis recouvertes de sédiments, elles se sont fossilisées. Côté recherche, commence un patient travail de relevés, de cartographies de prélèvements, de moulages... Suite à la découverte de Coisia et de Loulle, le Conseil général du Jura s'est lancé dans la valorisation de ces sites. Avec l'espoir de faire du secteur un lieu de visite touristique. La découverte de Plagne, plus proche de Lyon, donnera certainement lieu à une réflexion de ce type, si les premiers espoirs sont confirmés par les travaux des scientifiques.

Source : Le progrès de Lyon