La découverte de nouveaux dinosaures au Niger dans des niveaux stratigraphiques différents, apporte un cadre historique
au chapitre peu documenté des sauropodes africains du Crétacé inférieur. Au total, au moins trois lignées de sauropodes auraient survécu
à cette époque en Afrique : la lignée primitive de Jobaria, une lignée de diplodocidé représentée par Nigersaurus et la lignée de
titanosaure basale de Malawisaurus.
Ces trois familles de dinosaures auraient évolué à des vitesses différentes. Une analyse phylogénétique
de 70 dinosaures non aviens, étalonnée sur une échelle des temps géologiques, montre que les transformations du squelette sont souvent
épisodiques et non graduelles.
En 2007, Sereno et Jeffrey A. Wilson ont procédé à la description scientifique du crâne et des adaptations alimentaires de l'animal.
L’équipe
de Paul Sereno (University of Chicago) a en effet étudié le crâne du Nigersaurus en 1997 et poursuivi ses fouilles jusqu’à extraire
80% du squelette.
Reconstitution du Nigersaurus taqueti. (Todd Marshall, courtesy of Project Exploration, ©2007 National Geographic)
Nigersaurus était l'une des espèces les plus répandues dans la faune riche de la Formation Elrhaz, Gadoufaoua, au Niger. Depuis 1994,
des expéditions sur ce site du nord-est du Niger ont été organisées par le paléontologue Paul Sereno et des collègues, permettant
notamment la découverte de squelettes partiels de ce nouveau Diplodocidé.
Nigersaurus a été découvert en même temps que Jobaria. Plus
petit que ce dernier, il était plus spécialisé.
Nigersaurus possédait en plus d’un museau court et de narines externes non rétractées, des dents de remplacementn, petites et
émaillées sur un seul côté, très nombreuses, disposées en files sur plusieurs séries.
Ces 600 dents éraient en forme de clou.
Une aussi grand quantité de dents est unique chez les sauropodes et n'avait auparavant été découverte que chez des hadrosaures ou
des ceratopsidés.
Le squelette mis au jour dans la région ressemble pour certains points à Rayososaurus d’Amérique du Sud et Rebbachisaurus
du Maroc.
Le museau était large et quadrillé.
Comme les autres sauropodes du Gondwana il avait un cou plus court que ceux de la Laurasie, comme Diplodocus. En dépit de cela Nigersaurus
atteignait quand même 9m de long. Mais cette longueur en fait l'un des plus petits rebbachisauridés.
Nigersaurus ne pouvait pas lever la tête au-dessus du sol à cause de ses os trop fins et légers, et, il semble, devait se nourrir
comme les vaches actuelles.
Autre particularité : son squelette est très léger. Les vertèbres sont fines comme du papier, explique l’un des cosignataires, Jeffrey
Wilson.
Le Nigersaurus taqueti n’était pas le seul à ne pas pouvoir élever sa tête dans les airs. Avec un cou de plus sept mètres de
long pour un corps qui n’en mesure que la moitié,
Erketu ellisoni découvert dans le désert de Gobi avait lui aussi une anatomie surprenante,
aux disproportions record dans la famille des sauropodes. Comme le lointain cousin du Niger, ses os étaient peu denses, sans doute
pour faciliter le port d’un tel cou.
Grâce à une reconstitution en 3D du crâne du Nigersaurus, Sereno et ses collègues ont pu établir que ce dinosaure herbivore de la
taille d’un éléphant maintenait sa tête près du sol, prêt à brouter la végétation.
Crétacé inférieur (119 à 99 M d'années)
Ordre : Saurischiens
Sous-ordre : Sauropodomorphes
Superfamille : Sauropodes
Famille
: Diplodocidés
Genre : Nigersaurus
Longueur : 14 à 15 mètres
Hauteur : 3 mètres
Poids : 1 tonne
Présentant un nouvel assemblage du squelette du Nigersaurus taqueti, le plus complet depuis la découverte des premiers os fossiles
dans les années 50, le paléontologue américain Paul Sereno décrit un herbivore à la tête plate et carrée, maintenant sa gueule au
ras des pâquerettes - plus exactement des fougères du Crétacé - qu’il déchiquettent à l’aide de 500 dents, sans cesse renouvelées.
© Gabrielle Lyon, courtesy Project Exploration
Fiche mise
à jour le
19/11/2011